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Présentation

Bienvenue à vous, baroudeurs du Dimanche !

Vous voici sur le carnet de voyage 2009 de Ben et Marco, voyage à destination de la République Populaire de Chine.

Nous quittons l'Indonésie pour cette fois pénétrer les mystères rouge et or de l'Empire millénaire et de ses palais aux vapeurs opiacées, de ses concubines et généraux intriguants, de ses guerres homériques et de ses sagesses anciennes et exotiques. Mais en fait, qu'en reste-t-il aujourd'hui, au sortir du demi-siècle qui renversa son histoire au point de le rendre méconnaissable ?
Samedi 25 juillet 2009 6 25 /07 /Juil /2009 17:42

Bon, franchement, les nouilles extra-hot, c'etait encore de la rigolade, la cuisine sichuanaise, c'est un peu les Red Hot Chili Peppers alive dans votre assiette.
Nous avons commande dans le train, un peu audacieux mais sans savoir vraiment ce qui nous attendait, un plat de 清椒肉丝 ("pur - piment - viande -
lamelle") : la viande a meilleur gout quand elle est un peu epicee ; en fait, la, ce sont de fines et rares lamelles de viande qui servaient a parfumer les trois types de piments qui constituaient l'essentiel de ce plat. Devenus l'attraction des autres passagers, nous mangions nonchalament notre poison, tres concentres, quoique sans le laisser apparaitre, pour ne pas perdre la face en nous mouchant, en larmes. En realite, Ben, insensible, n'a pas tant peine que Marco...

Nous renouvelons l'experience a Chengdu, de facon completement involontaire, avant d'achever notre organisme, le soir venu, avec une specialite locale, le mapo doufu (
麻婆豆腐). C'est une grande premiere : notre palais curieux a trouve son maitre. Le tofu insipide y baigne en effet dans une sauce rouge vif (pas trop piquante), presque saturee en sel, mais riche d'une epice "venue d'ailleurs" : le poivre du Sichuan. Celui-ci n'a pas du tout le gout de poivre mais ressemble a de fines herbes de Provence petillantes comme du champagne et au gout indescriptible. C'est juste incroyable, la sensation effervescente envahit la bouche et persiste pendant plusieurs minutes. Cela dit, le tout etait si ecoeurant que nous en avons laisse la moitie avant de partir...

Par Ben & Marco - Publié dans : 吃饭 (manger)
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 18:05
Nous avancons silencieusement dans le parc arrose d'une fine pluie et nous approchons d'une barriere. Un homme vetu de bleu et portant une gerbe de bambous arrive, lance son fardeau et hurle un nom en chinois. Et la, surgissant d'un bosquet, "poum poudoum poudoum", une grosse peluche s'avance mollement, declanchant une rafale de "oh he is so cute, look at him ".



Le gros gnougnours, bientot rejoint par un de ses congeneres, se dirige ensuite vers le fourrage de bambous et commence paresseusement a se saisir de quelques feuilles et a les porter a sa bouche. C'en est trop pour les sexagenaires texans camera au poing et les jeunes calforniennes beates qui accueillent de nouveaux cris admiratifs le repas animalier assez anodin et mitraillant de leurs flashs les pandas impassibles qui poursuivent leur dejeuner en regardant benoitement les touristes survoltes. A se demander de quel cote de l'enclos on se trouve.



Ce qui est so gorgeous avec ce parc, c'est qu'on peut non seulement s'extasier devant de grosses peluches noires et blanches mais aussi devant des peluches plus petites et rousses, cousines des premieres.



Les pandas sont normalement confortablement assoupis dans leur enclos mais il n'est pas rare de decouvrir, hors des sentiers battus, l'un de ces ursides monochromes occupes a ronger son bambou...


Par Ben & Marco - Publié dans : 旅行 (voyager)
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 18:47
C'est sans notre Virgile que nous avons penetre dans l'antichambre de l'Enfer, et de toute facon il nous aurait sans doute deconseille de voyager dans l'autre monde. Le decor est simple: un petit restaurant populaire ou les tables sont en leur centre percees d'un trou circulaire laissant apparaitre un bec a gaz. Cet etablissement toujours bonde ne propose en fait qu'une specialite locale : le huoguo, prononce "rhouogouo", que la langue de Shakespeare traduit en "hotpot". Pour decouvrir la saveur inegalable de la "fondue sichuanaise", il faut d'abord selectionner, dans la longue liste que vous presente la serveuse, les aliments crus (viande rouge, blanche, abats, legumes, pates...) que vous desirez. On installe ensuite le disposistif : une grande cuve separee en deux compartiments et placee sur le bec a gaz ; l'un d'eux est rempli d'un bouillon de legumes, et l'autre d'un liquide rouge vif ou flottent des dizaines de pimentset de larges poignees de grains de poivre du Sichuan. Le liquide se met a bouillonner. Des vapeurs brulantes s'elevent de la cuve. Jetez vos pauvres ingredients crus dans la marmite infernale !!!



On peut vous assurer que la marmite de feu porte bien son nom : bouche en flammes, nez qui coulent, suees et pleurs. C'etait deja pas mal mais, comme l'a fait remarquer Marco, nous ne pouvions decemment pas partir sans avoir goute le bouillon rouge. Grave erreur. Pendant que Marco voyait defiler sa vie devant ses yeux, Ben a egalement fait le grand saut, n'acceptant pas de voir son compagnon de voyage jouir seul de cette gloire eternelle.



Nous jetterons un voile pudique sur les terribles consequences de cette experience culinaire (et mystique)...
Par Ben & Marco - Publié dans : 吃饭 (manger)
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 19:08
Deux voies s'offraient a nous pour gravir cette montagne sacree du taoisme plantee de dizaines de temples et de petits pavillons, la seconde etant doublee par un telesiege. Nous choisissons la premiere et quelques milliers de marches et des litres de sueur plus haut, nous tombons nez a nez avec un panneau ecrit en chinois et pas besoin d'etre bilingue pour comprendre que le chemin s'arrete la, a moins d'une demi-heure de marche du sommet. Nous redescendons a l'embranchement au pied de la montagne et prenons alors le dernier telesiege qui s'eleve dans la foret luxuriante.



Encore quelques marches et nous arrivons au monastere taoiste qui nous heberge pour la nuit dans une chambre au confort spartiate avec des toilettes minimalistes au fond du couloir et une bassine de plastique pour nous laver. Un repas gargantuesque, une promenade enchanteresque dans la montagne a present desertee et une bonne nuit de sommeil plus tard, nous redescendons en gardant le souvenir de ces petits chemins poetiques de dalles anciennes qui serpentent dans la foret et des rochers escarpes apercus entre les arbres qu'on dirait peints a l'encre sur une toile de soie...





Par Ben & Marco - Publié dans : 旅行 (voyager)
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /Août /2009 22:02
Après un jour de train, nous posons le pied à Pékin et rejoignons le Saga Youth Hostel, quelconque mais confortable et niché dans un hutong paisible au coeur de la ville, où Ben avait ses habitudes (principalement culinaires).
Les hutong (prononcer "rhoutong"), dédales de ruelles étroites serpentant entre de vieilles habitations aux murs de briques grises, fragments irréels de la Chine ancienne, côtoient les masses sévères et lourdes héritées de l'architecture soviétique et les tours ultra-modernes de verre et d'acier qui, en s'étirant sans mesure le long des gigantesques avenues de la ville, en plus de signifier l'importance de l'échelle discrètement rappelée au coin des plans et d'étouffer les velléités de visite à pied, donnent à voir la puissance colossale de cette nation-continent pleine de contradictions. Il était bien vain d'espérer en saisir quelque vérité profonde ou essentielle en quelques semaines tant la richesse de son histoire rejaillit ici et là, encore vive, au milieu de sa modernité ouverte au monde.



En plus de sa licence de Chinois, Ben poursuivra probablement l'étude de la Chine par le biais des sciences sociales. Je ne manquerai pas de l'accompagner lors de ses prochaines expéditions.

Sur ces derniers traits d'emphase, après avoir quand même bien ri dans un musée d'art contemporain officiel et après avoir (re-)visité l'écrasante Cité Interdite, nous voilà à l'aéroport avec l'agréable surprise de notre surclassement sur nos vols respectifs. En attendant l'année prochaine, champagne !

Par Marco - Publié dans : 旅行 (voyager)
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