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Présentation

Bienvenue à vous, baroudeurs du Dimanche !

Vous voici sur le carnet de voyage 2009 de Ben et Marco, voyage à destination de la République Populaire de Chine.

Nous quittons l'Indonésie pour cette fois pénétrer les mystères rouge et or de l'Empire millénaire et de ses palais aux vapeurs opiacées, de ses concubines et généraux intriguants, de ses guerres homériques et de ses sagesses anciennes et exotiques. Mais en fait, qu'en reste-t-il aujourd'hui, au sortir du demi-siècle qui renversa son histoire au point de le rendre méconnaissable ?
Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 13:19

Ce "Temple des Lamas", comme vous vous en doutez, n'a jamais été occupé par les camélidés cracheurs des Andes mais bien par les moines tibétains aux bonnets jaunes. Pour être précis, cet ensemble de bâtiment construit en 1694 était à l'origine la demeure du Prince Yong, de la dynastie Qing, dont il fit son palais de villégiature après son accession au trône impérial (sous le nom de l'empereur Yongzheng) et qu'il baptisa Yōnghégōng (雍和宮 : le Palais de la Paix Harmonieuse). Ce n'est que son successeur, l'empereur Qianlong, qui fit de cette résidence une lamasserie.
Les principaux bàtiments sont disposés le long d'un axe central Nord-Sud : on traverse d'abord la Porte Principale (étonnant non ?)





puis la Porte de la Tranquillité qui ouvre sur une cour où l'on retrouve une tour du Tambour (en restauration) et une tour de la Cloche ainsi que deux pavillons latéraux.



On passe ensuite la Porte de la Paix Harmonieuse, qui donne sur une nouvelle cour encadrée par le pavillon "exotérique" et le pavillon "ésotérique".

Puis on arrive au Pavillon de la Paix Harmonieuse qui abrite les trois Bouddhas du Passé, du Présent (Shakyamuni) et de l'Avenir (Maitreya). Vous devez me croire sur parole puisque les photos sont interdites à l'intérieur des bâtiments.



Les trois derniers pavillons sont le pavillon de la Protection Eternelle (qui abrite les Bouddhas de la Médecine, de la Longévité et de l'Enseignement : Bhaisajyaguru, Amitayrus et Simhanada), celui de la Roue de la Loi, dédié à Tsongkhapa, le fondateur de la secte lamaïque des bonnets jaunes (Gelugpa) , dont la statue s'élève au milieu de la salle d'études, entre les trônes des deux plus hauts dignitaires des bonnets jaunes : le panchen-lama et le dalai-lama. D'ailleurs c'est surprenant, il y avait une photo du panchen-lama mais pas du dalai-lama... Un oubli sans doute, j'aurais dû le signaler...

Last but not least, le pavillon des Dix Mille Bonheurs abrite une statue du Bouddha Maitreya de 26 metres sculptée dans un seul tronc de santal blanc et homologuée par le livre Guinness des records !





Le temple des lamas a toujours été choyé par les empereurs Qing qui par leur ancienne culture mandchoue se sentaient proches des rites lamaïques. Cette relation privilégiée entre le Yobghegong et l'Etat chinois a d'ailleurs perduré au XXeme siècle : le gouvernement de la Chine populaire a en effet largement financé des rénovations du temple, qui a même été préservé de la folie iconoclaste de la Révolution Culturelle grâce à l'influence de Zhou Enlai.

Réouvert au public en 1981, il attire encore aujourd'hui des foules de dévots qui viennent brûler de l'encens (acheté dans l'une des cinquante boutiques d'encens et de statuettes de la rue) ou glisser des yuans dans les vitrines des deux pavillons reconvertis en musée.




Par Ben - Publié dans : 旅行 (voyager)
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 05:15

 71日


Apres avoir contemple les splendeurs du temple des Bouddhas, c'est d'une autre divinite que j'ai parcouru le sanctuaire en me rendant au Temple du Ciel... Le suspens sera de courte duree car, comme son nom l'indique, ce temple est consacre... au Ciel.



L'ambiance y est completement differe
nte : ici pas d'encens ni de genuflexions, aucun cierge allume et aucun billet glisse dans une vitrine ; et pour cause : dans la plus pure tradition chinoise, seul le Fils du Ciel, l'Empereur, venait y celebrer des rites millenaires pour s'assurer la bienveillance du Ciel et d'abondantes moissons.
Le site est entierement concu comme un espace intermediaire entre la Terre et le Ciel et tout dans son architecture reflete ces speculations cosmogoniques : la partie Sud de l'enceinte est carree (symbolisant ainsi la Terre) et la partie Nord circulaire (pour le Ciel) ; de meme, le temple en rotonde consacre a la priere pour de bonnes recoltes se dresse sur une base carree.

Le sanctuaire a ete construit sous les Ming, en 1420, mais les rites consistant, pour l'Empereur, a rendre des comptes au Ciel (pour justifier le "mandat celeste" qui lui a ete confie) et a prier pour la prosperite de son pays sont beaucoup plus anciens.

En rentrant par la porte celeste du Nord, on tombe nez a nez avec l'enceinte de l'impressionnant temple de la priere pour de bonnes moissons (le chinois est beaucoup plus concis puisqu'il dit : 祈年殿 "prier-annee-temple") auquel on accede en passant une porte dont les trois principales arches (est, centre et ouest) etaient respectivement reservees au Fils du Ciel, au Dieu du Ciel et a la Cour. Le temple etait a l'origine rectangulaire et servait a prier a la fois la Terre et le Ciel puis il fut reconstruit sous forme de rotonde par Jiajing (toujours sous les Ming) avant d'etre encore embelli par Qianlong des Qing.





Les annexes du temple accueillent une exposition sur les rites celestes depuis les origines jusqu'a la Revolution chinoise mais la plupart des explications sont malheureusement en chinois... J'ai quand meme pu voir, maigre consolation, une photo de Georges Pompidou visitant le temple avec des dignitaires chinois (en costume cravate, il devait crever de chaud).

On quitte ensuite l'enceinte du temple des moissons en empruntant le pont Danbi qui mene a la Voute Celeste imperiale ou etaient conservees les tablettes du Ciel et pres de laquelle le cypres des Neuf Dragons nous contemple du haut de ses 500 ans tandis que des jeunes et des moins jeunes jouent au ruban ou au tijianzi, une sorte de badminton pratique au pied.





Enfin, on arrive a l'autel du Ciel, dont le centre est symboliquement entoure de neuf cercles concentriques, chacun compose d'un nombre de dalles de pierre croissant par multiples de neuf (le "9" 九 jiǔ est considéré comme un nombre benefique dans la culture chinoise parce qu'il se prononce comme le mot « durable » 久 jiǔ). C'est la qu'au solstice d'hiver l'Empereur venait faire son rapport au Ciel apres s'etre purifie pendant 3 jours en s'abstenant de manger, boire, ecouter de la musique ou frequenter les concubines imperiales (le pauvre...).




Tout autour de ces batiments s'etend un gigantesque parc ou, des le lever du jour, l'on vient s'adonner a son tai-qi matinal puis jouer aux cartes ou au mah-jong, faire la sieste avec sa dulcinee ou la faire danser au rythme de la musique diffusee par les haut-parleurs du parc. J'ai personnellement pu assister a une repetition d'orchestre de chambre chinois dans les magnifiques petites allees couvertes du pavillon Fangsheng.


J'ai egalement fait la connaissance de Jingfang, un Pekinois de 60 ans avec lequel j'ai tant bien que mal essaye de tenir une conversation et qui m'a laisse son numero pour que nous allions ensemble a la Cite Interdite (je vous rassure, les Chinois ne partagent pas la conception grecque de la pedagogie donc je ne risque rien !).

Par Ben - Publié dans : 旅行 (voyager)
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 09:49

 71日

Je ne suis laisse entrainer (il y a maintenant quelques jours de cela) par deux francophones de l'hotel (un roi de la debrouillardise francais et un etudiant en ecole de commerce marocain) dans le sanctuaire de la jeunesse branchee pekinoise : le quartier de Sanlitun, ou les plans n'indiquent plus les temples mais les immenses enseignes (Apple, Orange, Adidas et des dizaines de marques de vetements toutes plus fashion les unes que les autres) qui poussent comme du chiendent autour des bars et des clubs ou les noctambules au look tres travaille boivent et dansent toute la nuit.
Avant d'aller boire une biere (a 20 yuans c'est a dire cinq fois plus que dans n'importe quel magasin pekinois) sur la terrasse d'un building dont le dernier etage est occupe par le bar Kokomo (ou un serveur agressif vient prendre des commandes toutes les 10 minutes tandis que les enceintes nous assaillent de pop gresillante), nous avons deguste quelques brochettes pakistanaises trop cuites a 4 yuans l'unite (soit quatre fois plus que dans n'importe quel restaurant de rue pekinois... et pour quatre fois moins de gout). Vous allez penser que je suis pingre au point de ne pas vouloir depenser 4 euros dans un repas mais je voulais juste mettre en lumiere le fosse enorme qui existe entre la jeunesse doree de la Chine capitaliste qui peut se permettre de boire des cocktails cubains en dansant sur la musique caliente d'un DJ branche et les humbles chinois qui preferent le charme simple des jardins publics...



On applaudit bien sur le degel economique de la Chine, qui a permis d'eradiquer (definitivement ?) les terribles famines qui avaient jusque la ponctue l'histoire du pays, mais on doit aussi se demander quel est le cout humain et moral de cette nouvelle sanctification de l'argent : c'est sans doute a la fois tres pompeux et tres banal de dire ca mais quand Beijing se met a ressembler a la City ou a Manhattan et que d'un bout a l'autre de la planete tout est ramene a l'etalon dollar, tout a un prix (meme son ame), tout se vend et s'achete avec la meme aprete au gain, alors des choses aussi simples que la culture d'un peuple (faisons chinois, disons 文) ou la bonne "voie" a suivre dans la vie (le dao 道) deviennent vraiment ringardes : parce que ces choses-la n'ont pas de prix mais pour tout le reste il y a Eurocard Mastercard.
Tout ca donnerait presque envie de plagier Michel Sardou et de chanter avec lui : "Mao releve-toi, ils sont devenus fous"...

Par Ben - Publié dans : 旅行 (voyager)
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 10:09
 7月2

Immense station balneaire pour l'usage prive de la famille imperiale, le Palais d'Ete est un autre de ces cadeaux faits par l'empereur Qianlong des Qing a sa moman adoree : d'un jardin imperial, il a fait un gigantesque Club Med pour FIls du Ciel en mal de paysages verdoyants, en insistant tout specialement pour que l'agrandissement du lac Kunming et l'amenagement de la colline attenante fassent ressembler l'endroit a la lacustre Chine du Sud que sa mere et lui-meme appreciaient tant.



Sur les rives de cette piscine imperiale, au pied de l'artificielle Colline de la Longevite Millenaire, on peut ainsi admirer le palais de la Bienveillance et de la Longevite, ou se reglaient les affaires d'Etat. Mis a sac et brule par un corps expeditionnaire franco-anglais en 1860 (comme une grande partie du site tandis que l'ancien palais d'Ete, a quelques kilometres de la, a quant a lui ete totalement rase, ce qui fut bien sur un motif de fierte immense pour mes camarades anglais et moi-meme), il a ete reconstruit durant le regne de l'empereur Guangxu. Juste derriere ce palais, on peut d'ailleurs deambuler dans le palais des Vagues de Jade ou ce meme empereur Guangxu fut assigne a residence par le legendaire imperatrice Cixi. Maitresse des subtilites de la vie de cour et des intrigues politiques, cette ancienne concubine de cinquieme rang s'est hissee a celui de seconde epouse puis d'imperatrice douairiere a la faveur de la naissance de son fils devenu heritier du trone et a de fait gere les affaires de l'Etat pendant toute la fin du XIXeme siecle, jusqu'a laisser le trone a sa mort, en 1908, au tres jeune Puyi, le dernier empereur de Chine...



Mais continuons notre visite en empruntant la galerie couverte (de 700m au total) qui permet d'acceder au palais des Nuages Ordonnes a partir duquel des escaliers monumentaux montent jusqu'au pavillon des Fragrances Bouddhiques, qui domine tout le palais d'Ete de sa pagode de 40m, et au pavillon de la Mer de la Parfaite Sagesse, couvert de ceramique jaune et verte.




Apres les sacages de l'armee franco-anglaise, ce fut a Cixi d'apporter sa touche personnelle au palais en se faisant construire un theatre personnel de trois etages....


...et en puisant sans menagement dans la caisse destinee a financer la modernisation de la marine imperiale pour se faire construire son propre bateau... en marbre.



Mais j'allais oublier de parler de ce Chinois qui calligraphiait avec de l'eau et un baton a l'entree principale, et qui m'a fait l'extreme honneur d'inscrire pour quelques dizaines de secondes "France" et "Benjamin" sur le sol du palais d'Ete (c'etait son idee, je precise !).



Par Ben - Publié dans : 旅行 (voyager)
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 10:47

"Trois sortes d'amis sont utiles, trois sortes d'amis sont néfastes. Les utiles : un ami droit, un ami fidèle, un ami cultivé. Les néfastes : un ami faux, un ami mou, un ami bavard."


 7月4


Robert, le drolatique historien du Vietnam, et Edward, le fin historien de la Russie, continuent leur voyage qui avait debute en Europe centrale, Russie et Mongolie et qui les menera a Xi'an, en Chine du Sud, au Vietnam, au Cambodge et en Malaisie... Une amitie commence a peine a se nouer (on est amis sur Facebook donc c'est officiel maintenant) que deja il faut se dire un franc "enjoy your trip" et un optimiste "see you soon somewhere". Apres avoir mange ensemble plusieurs fois, fait des decouvertes culinaires interessantes (pattes de poulet et bouillie d'aubergines), parle de l'histoire chinoise, echange des propos tres profonds sur nos cultures respectives (je leur ai explique ce qu'etait une contrepeterie et pourquoi un grand chef etait appele un cordon bleu et ils m'ont explique ce que l'expression "rat assed" signifiait) et nous etre recueillis devant la depouille embaumee de Mao (article a suivre), c'est un peu comme un retour a la case depart... Il n'y a plus qu'a attendre les prochains backpackers et, surtout, a attendre le backpacker coince en France par un appareil administratif deroutant...

 


Robert : "Oh my God ! It looks like baby's hands !"

 


Par Ben - Publié dans : 子曰...
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