Chengdu Express
Il aurait trop doux de profiter du confort que nous offrait le Motel 168 a Shanghai ; nous decidames donc de rejoindre Chengdu (a l'Ouest, dans le Sichuan), en train : 2351 km, 38h et plusieurs dizaines de tunnels.
Nous avions chacun une couchette dans un dortoir de quatre, une paire de chaussons jetables, un oreiller et une couverture.
Une des raisons qui nous avaient pousses a subir les transports ferroviaires chinois etait la promesse de pouvoir se regaler des panoramas sublimes de la tres verte Chine du Sud filant a vive allurea nos fenetres. Mais entre deux villes dortoirs ou industrielles, nous vimes essentiellement ca :



Pendant les repas, nous pouvions occuper le wagon-restaurant jouxtant le notre, ou attendre les couinements metalliques annoncant le passage du chariot distribuant des plateaux repas.
L'equipage etait intransigeant quant a l'heure des repas : nous avons par deux fois du nous contenter de nouilles instantanees relevees d'un chouia de piment - quand nous les avons achetees, la mention "Extra Hot" cachee dans un coin du pot nous avait echappe (et indiquons que cet avertissement n'a pas la meme signification en France et en Chine).
Finalement, entre lecture et sommeil, le temps passa plutot vite. Arrives de bon matin a Chengdu, confiants, nous nous dirigeames vers "The Loft Hostel". Nous avions deja eu affaires a des plans errones lors de notre precedent voyage et avons donc cette annee achete deux guides pour eviter les deconvenues de ce genre. Ce qui a pose probleme cette fois, en plus de l'extreme simplicite des plans, a peine un tiers des rues y etant indique, c'est la localisation approximative de notre loft (a tout juste un kilometre pres...) et, copie ehontee ou malheureuse coincidence, l'erreur etait reproduite fidelement sur le Lonely Planet et sur le Routard. Peut-etre cela venait-il tout simplement de la difficulte a retranscrire en deux dimensions la geometrie d'une ville non-euclidienne (ou les rues paralleles sur le plan se croisent en fait a angle droit)...

Le Loft, une ancienne imprimerie reconvertie en guesthouse branchee, fait jouer sur le gris des parpaings uses les tons uses d'un grand portrait de Mao, le noir et blanc d'un mur de photos artistiques et les couleurs vives d'illustrations macabres des romans de Buckowski. Branchouille et tres international, mais sympathique et bon marche.